Pollution des masses d’eau par les POPs en Europe



Malgré tous les efforts et les progrès réalisés pour faire face à ou limiter la pollution des cours d’eau, de nombreux plans d’eau restent victimes de la pollution dans le monde. Les polluants se cumulant dans ces masses d’eau, connus sous le nom de "POPs" pour "polluants organiques persistants", représentent une forte menace pour l’être humain, le sommet de la chaîne, par la consommation de produits infectés, mais aussi pour plusieurs organismes des écosystèmes aquatiques.

En effet, environ 60% des masses d’eau en Europe, les lacs, les rivières, les estuaires, les eaux côtières et souterraines, ne parviennent toujours pas à garantir un état écologique minimal qualifié de “bon” fixé par la directive-cadre sur l’eau de 2000 par l’Agence Européenne pour l'Environnement (AEE).

Quelle est la source de ces polluants ?

Les rejets anthropiques, industriels et agricoles sont les principaux contributeurs à la contamination des ressources d'eau par les POPs. Plusieurs de ces produits chimiques sont inclus dans la Convention de Stockholm pour restreindre la production internationale de certains POP mais ils sont encore utilisés et détectés dans la nature.

Les pesticides

Les pesticides utilisés dans l’agriculture sont parmi les polluants les plus puissants et les plus graves, et qui se propagent dans l’air, s’infiltrent dans le sol pour arriver aux nappes d’eau superficielles ou coulent avec les eaux usées jetées dans les lacs et les rivières.
Parmi les pesticides les plus nocifs on cite les organochlorés (DDT), les organophosphorés, les pyréthroïdes et les carbamates.

Le SMOG urbain

La fumée et les nuages couvrant le ciel urbain sont constituées principalement de l’eau et de particules fines provenant de la combustion des combustibles fossiles issue des centrales de charbon, des gaz d’échappement, du chauffage, etc.; et d’ozone troposphérique (un gaz à effet de serre composé d’oxydes d'azote et de composés organiques volatils).
On parle aussi du SMOG photochimique lorsqu' une réaction se déroule entre le rayonnement ultraviolet du soleil et les particules fines qui se transforment enfin en ozone et en nuage toxique invisible.

L’air, essentiellement dans les zones urbanisées ou industrielles, est caractérisé par une forte teneur en gaz toxiques sous forme de SMOG photochimique. Cette pollution atmosphérique provoque l'acidification des cours d’eau lors des retombées de la pluie par la transformation des composés soufrés (SO2, SO3, H2S) et azotés (NOx, NH3, N2O5) en acides sulfurique (H2SO4) et nitrique (HNO3).

Les risques liés aux POPs

Pour l’humain

Selon l’organisation mondiale de Santé, les POP se bio-amplifient tout au long de la chaîne alimentaire et se bio-accumulent dans les organismes. L'exposition humaine aux polluants organiques persistants, même à des faibles concentrations, peut entraîner un risque de cancer, des troubles de la reproduction, des anomalies congénitales, etc.

Pour les écosystèmes aquatiques

L’eau pluviale acide, combinées à la présence naturelle de phosphates, crée un déséquilibre nutritif. Il en résulte un appauvrissement de la biodiversité de l’écosystème aquatique.
Des études ont prouvé aussi qu’une large gamme de poissons présente une contamination par l’un ou plus des POPs. Les anguilles européennes par exemple, ont été analysées le long du tracé urbain du Tibre à travers la ville de Rome. Les analyses ont montré que chez cette espèce, les sommes des composés de type dioxine dépassent les teneurs maximales.

Le problème de POPs dépassent largement les poissons et les organismes aquatiques pour menacer d’autres organismes impliqués dans la chaîne alimentaire comme les oiseaux. De nombreuses études ont montré que des populations d'oiseaux, préférant les lacs comme habitat et source de nourriture, se rétablissent plus lentement que d’autres espèces d’oiseaux. Elles présentent aussi des possibilités de déformations organiques plus fréquentes, qui peuvent toucher leurs becs, les pattes, les têtes ou les yeux.

Les POP s'accumulent dans les tissus des animaux sauvages tout au long de leur vie, et touchent principalement le cerveau pour produire des perturbations de comportements. La contamination pourrait aussi se transmettre substantiellement aux œufs et aux poussins nouvellement éclos via l'apport maternel. Cette réalité est particulièrement préoccupante puisqu’elle peut nuire à tout processus de conservation préétabli sur la survie d’une population spécifique à long terme. Aussi, à combien de générations futures peuvent se transférer ces contaminants reste une question clé.

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